traduction, années 1960 et, à partir de 2006-2007,

traduction,
lancé au sein du Haut conseil de la Culture en 1995. De là, à partir de 2000,
les moyennes annuelles des traductions publiées en Égypte dépassent celles des
années 1960 et, à partir de 2006-2007, elles correspondent même au double. 

           La mise en place du Centre national
de traduction (2007-2008), ainsi que la forte hausse de la production
éditoriale globale, n’y sont sans doute pas étrangères 36. Rien ne permet pourtant d’affirmer que la
traduction égyptienne connaît aujourd’hui un nouvel âge d’or. En effet, si la
quantité de livres traduits paraissant chaque année est en forte hausse,  il se trouve que proportionnellement, les
traductions ne représentent plus qu’une part infime de ce qui se publie. D’après
les chiffres du ministère égyptien de la Culture, 510 000 livres (Kitâb) auraient été enregistrés au
dépôt légal entre 1980 et 2008, dont 230 000 entre 2001 et 2008 37.Cela correspondrait sur cette dernière période à
une moyenne annuelle  de 28 750
titres, pour seulement 450 œuvres traduites, lesquelles ne représenteraient
donc que 1,5%. Quelle que soit l’exactitude de ces statistiques officielles ; il est sûr qu’on reste
très loin des 11% constatés à l’époque nassérienne.

         La proportion des ouvrages traduits du
français ne semble donc jamais dépasser le seuil des 8%. Par comparaison, selon
les chiffres fournis par l’Index translationum (UNESCO), la part de l’anglais
se situe autour de 77%.

        

36-
Sources: jusqu’à 1990, Richard Jacquemond, “Translation and cultural hegemony: the case of French Arabic
translation”, in: Lawrence Venuti (dir.), Rethinking translation: Discourse, Subjectivity, Ideology, Londres,
Routeledge, 1992, p.143; après 1990, croisement des Index des livres traduits vers l’arabe en Egypte et des
statistiques du ministère égyptien de la Culture.

37-
Les chiffres sont cités dans l’étude « 
Mâdhâ yaqra’ul misriyyûn ? » (Que lisent les égyptiens ?)

 

        

           Pour un ancien protectorat britannique devenu
assez dépendant, économiquement et politiquement, des aides américaines, cet
écart entre les deux langues n’a rien de très surprenant.

          D’après
les estimations de l’organisation internationale de la

francophonie,
l’Égypte ne compte aujourd’hui que 0,4% de francophones  et  2,8% de francophones partiels.28 Et
si le français a pu se maintenir, même discrètement, dans la traduction
égyptienne, c’est  essentiellement grâce
au développement, depuis la fin des années 1980, des aides proposées aux
éditeurs par le ministère français des Affaires étrangères, via le Département
de traduction et d’interprétation du Caire (service culturel de l’ambassade )de
France en Égypte, le faible poids quantitatif du flux français-arabe tient
aussi au nombre limité des traducteurs de cette langue et, plus globalement, à
leur faible degré de professionnalisation.